N° 4140600 Basilique Sainte-Thérèse

Mis à jour le 11-09-2018
Eglise

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Description architecturale :

Construite à flanc de colline, la basilique, orientée, est construite selon un plan en croix latine qui se termine par un chevet absidial, sur une vaste esplanade. A l'avant sud de cette terrasse se dresse le campanile, une tour de plan rectangulaire. La façade occidentale de la basilique est flanquée de part et d'autre de deux ailes rectilignes terminées à leurs extrémités par deux petits édifices de plan carré, surmontés d'un dôme. Une coupole surmonte également la croisée du transept de la basilique.
A l'arrière de la basilique, le visiteur trouve un chemin de croix monumental menant à un grand calvaire.

Elevation extérieure :

La façade occidentale, monumentale, est un mur pignon qui s'élève sur trois niveaux, et mise en valeur par un grand escalier. Le premier niveau est percé d'un porche abritant le portail à voussures en plein cintre et piédroits. Le tympan est sculpté du Christ en majesté entouré de ses apôtres, désignant un enfant. Au second niveau, se trouvent une inscription (« Car quiconque s'élève sera abaissé et quiconque s'humilie sera exalté ») et une série de baies étroites et rectangulaires. Ces dernières alternent avec des statues figurant les sept vertus (théologales et cardinales). Le troisième niveau est constitué d'un tympan triangulaire servant d'écrin à une statue monumentale de sainte Thérèse. Il est sculpté de personnages historiques ayant contribué à la béatification de la sainte et d'anges. De part et d'autre de la façade, deux tourelles polygonales viennent unir les trois niveaux d'élévation. Elles possèdent un haut soubassement et suivent ensuite la même structure en trois niveaux. Chaque niveau est percé de baies étroites et rectangulaires (de type « meurtrière ») disposées verticalement ; le premier niveau en compte trois superposées sur chacun des pans, le deuxième niveau, une seule baie par pan (en plein cintre cette fois-ci), et le troisième, d'une paire de baies par pan. Enfin les tourelles sont surmontées d'un édicule composé d'un soubassement et d'une colonnade surmontée d'un entablement. Ils sont coiffés d'une toiture conique, ornée de quatre lucarnes en chien-assis, et d'une croix faîtière.
Les deux ailes qui flanquent la façade s'élèvent sur deux niveaux : un haut soubassement et une série d'arcades en plein cintre. Elles sont couvertes d'une toiture en bâtière, supportée par une frise de corbeaux courant le long de la corniche. Les deux petits édifices terminant ces ailes présentent un aspect semblable. Ils possèdent également un haut soubassement, puis au second niveau, une large baie en plein cintre couronnée d'un tympan ajouré triangulaire. Ils sont surmontés d'un clocheton à la toiture en cône, agrémentées aux angles d'un petit clocheton à toiture conique, et d'une lucarne centrale, étroite, en plein cintre, qui se termine par un gable étiré, lui-même coiffé d'un clocheton. Il s'agit ici d'une description de leur façade occidentale ; les murs ne peuvent être renseignés, mais semblent présenter une structure identique.
Le mur gouttereau sud est constitué de la manière suivante : la nef, structurée en quatre travées, le transept, et le choeur qui compte également quatre travées. Le tout est construit sur un haut soubassement. Des contreforts coiffés de pinacles séparent chaque travée. Une frise de bas reliefs évoquant un clostrat aveugle, surmontée de corbeaux, coure le long de la corniche. La première et la dernière travées sont percés d'un triplet de baies en plein cintre, très étirées, la baie centrale légère plus haute. Elles sont coiffées d'un tympan triangulaire surmonté d'une croix faîtière, lui-même percé de trois baies très étroites (de type « meurtrière »). Les six autres travées et les deux petits côtés du transept présente une organisation légèrement différente. On y retrouve une paire du même type de baies étroites, en plein cintre. Elles sont cependant moins hautes, car surmontées d'un oculus présentant un décor ajouré d'une étoile à six branches. Au niveau de la toiture, elles sont surmontées d'une balustrade ajourée. Quant à la façade principale du transept, elle est ornée d'une large baie en plein cintre, subdivisée en six lancettes. Un tympan triangulaire ajouré coiffé d'une croix faîtière et de deux petits clochetons, surmonte le tout. Il est encadré de deux édicules dont la structure est la même que celle des deux bâtiments situés à l'extrémité des ailes encadrant la façade.
Le mur gouttereau nord présente la même organisation que le mur sud.
Concernant les couvertures, le vaisseau central et le transept possèdent une toiture en bâtière.
Le chevet, de forme absidiale, s'élève sur trois niveaux (le premier niveau étant à nouveau, un haut soubassement). Il est flanqué de deux tourelles polygonales de même structure. Le deuxième niveau est orné de baies rectangulaires de type « meurtrière » disposées aléatoirement. Une baie rectangulaire étroite orne chacun des pans du troisième niveau. Elles sont coiffées d'une toiture en pyramide polygonale, agrémentée de quatre lucarnes en chien assis. Enfin, le chevet lui-même présente un riche décor en bas-relief. Le deuxième niveau comporte de hautes baies aveugles en plein cintre, tandis que le troisième niveau est orné de frises diverses, surmonté d'une frise de corbeaux le long de la corniche. Le chevet est couvert d'une toiture en croupe.
Au pied du chevet, ont été disposés une statue de sainte Thérèse, et et les tombes de ses parents (Louis et Zélie Martin).
Une coupole monumentale surmonte la croisée du transept. Elle est cantonnée de quatre petits édicules semblables à ceux du transept. Elle est montée sur un haut tambour, percé de baies en plein cintre, devant lesquelles se trouve un péristyle. Des contreforts coiffés de clochetons épaulent l'ensemble, alternant toutes les trois baies. Le dôme est couronné d'un lanternon prenant la forme d'un édicule à colonnade, coiffé d'une croix maçonnée.
Il faut également dire quelques mots du campanile, construit à l'avant sud de la terrasse. Il s'agit d'une tourelle de plan carré. Elle se compose de deux niveaux d'élévation. Le premier niveau, en légère avancée, est percé du portail rectangulaire, auquel le visiteur accède par une volée de marches. Le deuxième niveau est orné de neuf baies étirées et rectangulaires, munies d'abat-sons, et rangées trois niveaux. Au sommet de la tourelle, on peut apercevoir une balustrade ajourée.

Elevation intérieure :

La basilique supérieure a été réalisée d'un seul tenant : l'absence de colonnes est remarquable, et permet une visibilité maximale aux fidèles. Il n'y a donc qu'un seul vaisseau central, et pas de collatéraux ou de déambulatoire. Les murs sont couverts de peintures et de mosaïques.
Elle s'élève sur deux niveaux. Le premier niveau, qui correspond au soubassement extérieur, est composé d'arcades en plein cintre, percées de petites baies rectangulaires. Il semble plaqué de marbre. Le tout surmonté d'une balustrade ajourée. Le second niveau est percé des baies déjà mentionnées dans la description extérieure. Les travées sont scandées par d'épais contreforts, liés aux arcs doubleaux. Ces derniers, en plein cintre, sont également en fort relief.
La coupole est montée sur trompes.
La basilique inférieure est accessible par des escaliers situés de part et d'autre du grand perron. Décorée de marbre et mosaïques, le visiteur peut y admirer des scènes de la vie de sainte Thérèse, et les reliques des parents de sainte Thérèse.

Étapes de construction :

La première pierre de l'église est posée par le cardinal Charost le 30 septembre 1929, et la crypte, est inaugurée dès 1932. Louis-Marie Cordonnier (puis après son décès en 1940, son fils Louis-Stanislas) est l'architecte chargé du projet, qui est achevé en 1954. Les travaux sont ralentis pendant la Seconde Guerre Mondiale, et la basilique en devenir est épargnée par les bombardements qui ravagent Lisieux en 1944 – ceci étant probablement du à sa position géographique, en limite d'agglomération.
Le campanile, construit à l'écart de l'édifice à l'extrémité du parvis sud, dans les années 1960, est achevé en 1975. Il devait s'élever à 95m de haut et être surmonté d'un phare, mais il est finalement réduit de 40m (la priorité est donnée à cette époque à l'édification du Foyer des Malades). Elle abrite 51 cloches.
En 2000, l'Irlande offre la chapelle d'adoration, à laquelle le visiteur accède par la crypte.

Histoire :

L'église est bâtie dans un style composite, dit « romano byzantin », sur le modèle de la basilique du Sacré-Coeur de Paris. Ses mosaïque et vitraux sortent des ateliers de Pierre Gaudin, formé au sein des ateliers d'arts sacrés de Maurice Denis et Georges Desvallières. Construite en béton armé et granit, ses dimensions sont imposantes et lui permettent d'accueillir jusqu'à 3000 fidèles. Elle serait l'une des plus grandes églises réalisées au XXe siècle. Elle est décorée "Art déco byzantin".
Sa construction a cependant rencontré des oppositions au sein du clergé local, et ceci pour deux raisons principales. Tout d'abord, la nécessité de construire un nouveau bâtiment religieux n'apparaissait pas comme indispensable, Lisieux abritant déjà de nombreuses églises. De plus, le culte de Thérèse s'est particulièrement développé durant la Première Guerre Mondiale, notamment grâce aux dévotions des Poilus, et apparaissait comme un engouement provisoire. Les décennies ayant suivi la construction de la basilique viennent contredire cette considération, puisque qu'encore aujourd'hui, la basilique est visitée chaque année par plusieurs millions de pèlerins. Ainsi, les dix-huit autels mineurs de la basilique ont été offerts par différentes nations (Mexique, Espagne, Italie, Ukraine, …) en ex-voto à sainte Thérèse : ils sont dédiés aux saints patrons des pays en question.

Classement monument historique :

PA14000094 Basilique Sainte-Thérèse
La basilique avec ses galeries latérales et son campanile, ainsi que le chemin de croix, avec les sols s'étendant du parvis au chemin de croix, les soubassements, murs de soutènement, escaliers et l'ensemble des tous les autres aménagements construits, urbains et paysagers, délimités par un liseré rouge sur le plan annexé à l'arrêté (cad. AD 376) : classement par arrêté du 7 septembre 2011